
lundi 27 octobre 2008
Léo empêché de tout retour.

mercredi 21 mai 2008
Nous sommes en colère et elle grandit de jour en jour !
Le 17 novembre dernier, notre parent et ami monsieur Léonard AMAN-CLAIR a été expulsé du territoire français par décision de monsieur Jacques GÉRAULT, préfet du Rhône.
Quelle faute abominable a donc commis Léonard, fils adoptif d’une famille française, pour que les interventions écrites à ce jour de plus d’une dizaine d’élus de notre région, toutes sensibilités politiques confondues, n’aient pas réussi à faire s’interroger ce préfet sur sa possible absence de discernement ?
Les récentes réponses écrites apportées par la préfecture à deux demandes de recours amiables qui lui ont été adressés nous indiquent les motivations profondes de monsieur GÉRAULT, même si elles ne sont qu’une insulte à notre intelligence, nous les parents et amis de Léonard, citoyens français et européens.
Car que dit le triste sire Jacques GÉRAULT ?
Dans un premier courrier1, début février 2008, il précise, sous la signature de son directeur de cabinet, l’argument de fond justifiant l’expulsion : Léonard qui vivait en France depuis près de 5 ans déjà, n’habitait plus avec son père adoptif depuis 2 ans ; ce dernier ayant pris comme beaucoup sa retraite dans un village à proximité de Lyon, Léonard est resté vivre à Lyon dans un studio gracieusement mis à disposition par ses proches.
Voilà un argument fondamental ! Tant il est rare dans notre société européenne que les trentenaires continuent à vivre chez leurs parents… Rien ne démontre l'absence d'attaches familiales, sauf à considérer que le fait de quitter le domicile parental à l’âge adulte, conduit tous les enfants de France à couper leurs liens affectifs avec leurs familles (sic). Dans quel monde vit ce préfet, celui de Tanguy ?
Il faut aussi remarquer dans ce même courrier préfectoral, l'insistance d’une périphrase ampoulée qualifiant le père de "personne de nationalité française qui l'avait adopté". D’aucun aurait dit le père adoptif, mais quand on est haut fonctionnaire, on est sans doute un peu trop loin de la réalité du monde qu’il en devient difficile de l’exprimer.
Pourtant, les services fiscaux du Rhône, eux, ne s’y sont pas trompés, comprenant la solidarité familiale qui voyait le père adoptif payer en décembre 2007 les impôts locaux du fils puisque ce dernier en était empêché pour avoir été expulsé début novembre après seulement dix jours de rétention. L’affluence de la famille et des amis de Léonard le visitant tous les jours, dûment consignée sur les registres du centre de rétention de Satolas, n’a en rien interpellé le préfet.
Monsieur Jacques GÉRAULT poursuit son courrier en indiquant qu’aucune demande d’asile n’aurait été déposée. Une grande pagaille doit régner dans ses services, puisqu’une demande a bien été déposée le 18 février 2003 auprès du Bureau des Étrangers et régulièrement tamponnée par ce service. Il faut dire que le précédent préfet, bien plus sage, avait écrit que « [s’il] refusait le séjour, cela ne constituait pas une mesure contraignante puisqu’elle n’emporte pas l’éloignement vers le pays d’origine. ». Fraîchement nommé, le sieur GÉRAULT avait donc besoin d’une action d’éclat, même inique, contredisant son honorable prédécesseur. Allez hop ! Célérité, légèreté pour mieux expulser.
Malhonnête aussi, puisque dans ce même courrier, monsieur le préfet écrit que Léonard n'aurait pas démontré avoir encouru de risques en Côte d'Ivoire ! Le préfet aurait-il été mal renseigné ou considèrerait-il pour nulles les attestations écrites de quatre autorités ivoiriennes (vice-Gouverneur, police, hôpital, et huissier de justice) relatant les brutalités dont a été victime Léonard en 2002 à Abidjan lors de « chasses aux français » de sinistre mémoire et qui avaient précipité son départ pour la France ?
Car contrairement à monsieur le préfet, la population ivoirienne perçoit Léonard comme appartenant à la communauté française, car son adoption par une famille « blanche » dont il porte le patronyme, y est notoirement connue de longue date. « L’armée d’occupation » des français telle que la surnomme aujourd’hui à tort ou à raison certaines autorités ivoiriennes, réside toujours à Abidjan : tous comprendront donc les tourments du quotidien de Léonard.
Cette appartenance fait irrémédiablement partie de l’identité de Léonard : personne, même pas un préfet, ne peut plus exiger qu’il la modifie.
Il n’en reste pas moins qu’un haut fonctionnaire brutalisant moralement une famille française, celle de Léonard, composée de gens âgés, qui eux ne peuvent pas être expulsés mais finiront leur vie dans la tristesse, c’est bien servir la France n’est-ce pas ! Une double peine innovée par le sieur GÉRAULT.
Léonard a des liens très anciens avec notre pays, légalement depuis plus de onze ans, et avec sa famille adoptive française depuis son enfance. Car que sait le préfet de l’éducation d’un orphelin de père à la naissance, abandonné par sa mère et élevé par une autre branche familiale dans un pays africain voisin ? Sait-il ce que c’est que de passer ses journées d’enfant obligé à traîner un filet de pêche côtier plutôt que d’aller à l’école ? Sait-il ce que c’est l’honneur d’une famille française qui paye la scolarité d’un tel enfant tout en le laissant vivre auprès de ses parents africains indirects ? Et puis la mort, celle de tous les parents de cette branche familiale les uns après les autres, sans autre réconfort finalement que celui d’une adoption par la seule famille qui demeure encore proche, même si elle est blanche et vit au loin en France ?
Une telle indifférence morale confère-t-elle encore la dignité nécessaire à un haut fonctionnaire de notre pays ?
Ensuite la belle excuse ! Le bel esprit de responsabilité !
Dans un second courrier2, rédigé fin mars 2008, sans doute face à l’insistance d’élus l’enjoignant d’un peu plus de discernement, le sieur GÉRAULT prend lui-même la plume et écrit : « J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que l’arrêté de reconduite pris à son encontre le 07/11/07 ayant été exécuté, il n’y pas lieu de l’abroger. » . Puis il s’en lave les mains en se défaussant sur les services consulaires du Ministère des Affaires Étrangères …
Tout arrêté administratif peut toujours être abrogé par son auteur quel que soit le domaine d’application ; l’expulsion d’étrangers n’est pas en dehors du champ de cette généralité.
Faut-il vraiment rappeler à un préfet de la République le sens précis des mots ? À savoir que l’abrogation d’un arrêté préfectoral consiste en une sortie en vigueur mettant fin à son existence à l’avenir, mais sans remettre en cause les effets produits antérieurement lors de son application ; à ne pas confondre avec une annulation ou un report. L’exécution d’un arrêté est le motif préalable à une demande d’abrogation, il ne faut pas tout inverser !
Est-ce déchoir pour un préfet, pourtant seul face à plus d’une dizaine d’élus appartenant à tous les grands partis politiques de notre démocratie, et à 500 citoyens toujours plus nombreux à nous soutenir en demandant par écrit le retour de Léonard en France, de reconnaître que dans la précipitation il s’est trompé !
Alors oui, il faudrait, si le sieur GÉRAULT poursuivait dans son autisme, à se résoudre avec étonnement à considérer que pour ce haut fonctionnaire un enfant noir dans une famille blanche cela n’apparaît ni convenable, ni imaginable !
Au regard de l’Esprit des Lumières on ne peut pas dire que monsieur GÉRAULT soit un « honnête homme ».
Aujourd’hui, le dossier de Léonard a été transmis au gouvernement français, en particulier au Ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du Développement solidaire qui a indiqué qu’il l’étudiait de nouveau ; nous sommes donc impatients et vigilants.
Le Collectif des Amis de Léo
1 réf. préfecture courrier n° 0000348
2 réf. préfecture courrier n° 0000839
samedi 17 novembre 2007
(France) Epuration ethnique ?

La Préfecture du Rhône expulse à la hâte le fils adoptif et
irréprochable, mais noir, d’une famille française de longue génération.
Le mardi 6 novembre 2007 au centre ville de Lyon, l'après-midi, en sortant d’une boulangerie, M. Léonard AMAN-CLAIR, 36 ans, s'est fait contrôlé à l’improviste par une patrouille pédestre de policiers à qui il a présenté spontanément son passeport. Ce passeport étant périmé malgré de nombreuses tentatives de renouvellement restées infructueuses à cause de la désorganisation administrative relative à la guerre civile en Côte d’Ivoire, son pays de naissance.
Depuis près de 5 ans, le préfet du Rhône a toujours refusé de lui accorder l’asile malgré les menaces dont il a été victime dans son pays d’origine. Léonard a été immédiatement placé en garde à vue, puis conduit au centre de rétention administrative de Lyon Saint Exupéry et le samedi 17 novembre 2007, soit 10 jours plus tard, expulsé à la hâte vers la Côte d’Ivoire, destination Abidjan, via Roissy.
Aucun délit, casier judiciaire vierge, Léonard AMAN-CLAIR est totalement intégré : fils adoptif d'une famille française de longue génération qui l'avait parrainé et soutenu depuis près de 30 ans, cette famille a légalement adopté Léonard il y a 10 ans, alors qu’il était à peine majeur, lorsque Léonard était devenu orphelin ayant vu tous ses parents proches décéder naturellement les uns après les autres. Léonard qui porte légalement le patronyme de CLAIR, était très entouré familialement, affectivement, socialement et amicalement, il vivait ici, se partageant entre Lyon, La Loire et l'Isère où habitent son père, ses oncles, tantes et cousins, c'est-à-dire parmi les siens depuis sa jeunesse.
Quel peut donc être le délit si grave qui a poussé la police à le contrôler ce mardi 6 novembre et la préfecture à exiger son expulsion à la hâte au petit matin ? Le fait d’être noir ?
Comme le souligne une phrase du livre de Madame Rama Yade (Secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et des droits de l’Homme) : “Tant que le lion n’écrira pas, les histoires de chasse vanteront la bravoure du chasseur” ( proverbe africain).
Son père, ses tantes, ses oncles et les cousins de Léonard, ainsi que tous ses amis proches à Lyon : Alain, Arno, Billy, Charles, Didier, Eva, Gérard, Louiso, Lucien, Max, Patrick, Philippe, Rodolphe, Rabiha, Manuèle, Jeroen, Jonas, Willy, Joel, Medy, Abdul, Amath, Michel.




